« Il est mort comme nous aurions aimé vivre. On s'est détruit , je crois. Ne soyons pas de mauvaise foi, il y avait de l'amour aussi, autrefois . Certainement. Ils y ont tous cru, et nous aussi. On a flirté, on s'est vu, et revu, encore. On a couché , recommencé, et on s'endormait l'un contre l'autre, fatigués par trop de plaisir. Je n'y croyais pas , à l'époque, j'avais peur, tu me serrais contre toi, contre ta poitrine douce , dans tes bras réconfortants . On était heureux. Je crois. Notre petit appartement me plaisait beaucoup. Certes ce n'était pas le grand luxe, nous étions jeunes, insouciants, et pas bien riches. Mais c'était bien. J'avais mis des photos un peu partout, et tu es arrivée avec un tout nouvel appareil, rien que pour moi. Un ange, tu étais un ange, voila. Je ne sais pas qui de nous deux a bien pu déchanter en premier. Chacun a un bout du lit, chacun nos petits à-côtés. On s'est retrouvé comme, si de rien n'était. On s'est déchiré à nouveaux, encore, et encore. Là, je suis parti, et je reviendrais dans quelques jours. On en viendra aux mains un jour, on se tuera un jour, j'en suis certain. Tu serais heureuse sans moi, mais cette relation perverse, sadique qui nous lie a pris bien trop d'importance... Et notre bonheur se mêle à la plus vive des douleurs. »